Compte-rendu de la réunion du 1 juillet 1963

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OUVROIR DE
LITTERATURE
POTENTIELLE

Circulaire n° 35

REUNION DU 1er JUILLET 1963

PRESENT : A.M. Schmidt, J. Queval. R. Queneau, F. Le Lionnais, J. Lescure, J. Duchateau, J. Bens, N. Arnaud.

PRESIDENT : J. BENS.

Après que la Président se soit muni, pour rédiger l’ordre du jour, de papier et d’un crayon ad hoc (c’est-à-dire « à bille »), il fait l’inventaire systématique des interventions, et constate que ledit ordre du jour est bien chargé. D’autant plus que Lescure, bien qu’il n’ait rien à dire, suivant son propre aveu, se « réserve d’intervenir dans le courant des débats ».

Queneau, pour sa part, révèle qu’il a « six trucs à dire », ce qui n’arrange rien. (Mais il renoncera gentiment à quelques-uns.)

Le menu ayant été choisi et récapitulé, selon la coutume, la séance s’ouvre effectivement.

Non sans que des félicitations particulières et générales aient été signifiées à Jean Queval, à propos des deux ouvrages dont il vient d’honorer l’OuLiPo. Il s’agit, bien entendu, du recueil de poèmes réunis sous le titre de LIEUX-DITS (Mercure de France) et du roman intitulé ETC. (Gallimard).

Le Lionnais formule des plaintes amères à l’encontre de Lescure qui, après nous avoir longuement et sévèrement conviés à nous rendre à Cerisy, fait mine de ne plus vouloir y aller, mettant ainsi en péril le présent et l’avenir de la littérature potentielle et automatique.

LE PRESIDENT (à Lescure) : Justifiez-vous.

LESCURE : C’est-à-dire que… si mon absence… Enfin, voilà :

  1. j’ai téléphoné chez Le Lionnais, ça ne répondait pas ;
  2. Le Lionnais devait faire un rapport ;
  3. me faire parler de littérature mécanique, je ne sais pas si…

LE PRESIDENT : La défense de Lescure étant timbrée du double sceau de l’obscurité et de la mauvaise foi, nous la déclarons irrecevable. Je demande que l’on vote pour décider de la présence de Lescure à Cerisy.

Le vote à mains levées décide, à l’unanimité moins une voix (la

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      sienne), que Lescure devra se trouver à Cerisy pour y parler de l’OuLiPo.

      Le Lionnais, coupant la poire en deux (chercher la poire), propose que deux exposés de vingt minutes chacun soient envisagés, l’un par Lescure, l’autre par Duchateau. Ce programme (écouter parler Duchateau) convainc les derniers hésitants. Le rendez-vous est fixé à Cerisy, le 15 juillet, à 15 heures. (Bien entendu, ceux qui veulent arriver avant peuvent le faire.)

      Divers arrangements sont pris, concernant le logement, le trajet, etc. Arnaud, qui a la délicate tâche d’amener Duchateau, demande à quelle heure l’on peut arriver. Lescure déclare que cela n’a aucune importance. Il précise même :

      LESCURE : Si vous arrivez vers minuit, vous trouverez tout le monde à quatre pattes, en train de jouer à un jeu psychologiques

      R. Queneau évoque l’éternel et toujours douloureux problème des comptes-rendus. Le départ du S.P. va le poser d’une manière toute nouvelle. On parle des enregistrements de nos réunions. Le S.P. semble leur être favorable. Mais :

      ARNAUD : Cela fait perdre un temps fou : pour deux heures d’enregistrement, vous avez une heure de bruits de fourchettes.

      On convient cependant que Duchateau s’en chargera, avec ou sans magnétophone, à son gré. Mais (encore lui) :

      ARNAUD : Je propose que l’on continue de confier la rédaction des C.R. à notre cher (salaud !) Secrétaire Provisoire. Ainsi, ils pourront conserver cette unité de style qui-que-quoi-dont-où.

      QUEVAL : A mon avis, et pour accentuer le caractère « automatique » de notre littérature, il serait bon de donner ça à une machine.

      LE PRESIDENT : Et de lui faire effectuer des permutations de circulaires…

      LE LIONNAIS : On pourrait avoir des C.R. OuLiPiens.

      LE PRESIDENT : En S + 7, par exemple…

      LESCURE : C’est cela ; je ferai le dernier en S + 7 !

      Le Lionnais fait passer un exemplaire du Dossier 17, destiné à Mme et M. Hirschberg, et que tout le monde revêt de sa signature. On déplore la faible surface réservée à cette opération sur la page de titre.

      QUELQU’UN : Il faudra réclamer des pages de garde sur les prochains dossiers.

      LE LIONNAIS : Et même d’avant-garde !

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          Le Président déplore l’illisibilité de sa signature et demande :

          LE PRESIDENT : Comment avoir une signature comme Le Lionnais ?

          LESCURE : C’est pas une signature, c’est une affiche !

          On signe par procuration pour les absents—ou par défaut, suivant les cas.

          R. Queneau ayant décidé de supprimer deux ou trois points de son ordre du jour personnel, il rappelle brièvement, pour ceux qui n’assistaient pas à la dernière réunion, les principes de la littérature matricielle :

          a+b a’ + b’ aa’ + bc’

          x =

          c + d c’ + d’ cb’ + dd’

          Suivent quelques réflexions sur les prononciations de 1 (l’université) et 0 (l’élément annulateur). 0 se prononcera OEU.

          Le Président demande, non sans malignité, quelle différence ces « gens du Nord » entendent réellement faire entre in et un. Queneau répond froidement qu’en ce qui le concerne, il n’en a jamais réellement entendu aucune.

          LESCURE (Auvergnat) : N’avez-vous pas remarqué que notre Président prononce un en parlant du nez ? (Au Président) : Soyez franc : avouez que vous le prononcez en soufflant par les naseaux…

          LE LIONNAIS : Prince des Naseaux !

          LE PRESIDENT : Depuis la fondation de l’OuLiPo, c’est-à-dire depuis un peu plus de deux ans et demi, j’attends avec angoisse cette allusion à mon pif. Il est triste qu’elle ait fini par arriver, et que ce soit un auverpin qui la fasse.

          ARNAUD : Quel étrange Président nous avons aujourd’hui !

          Le Lionnais remarque que la littérature matricielle est une nouvelle direction de l’OuLiPo et que ce jour est un grand jour. Il demande à Queneau de refaire son exposé sur ce sujet, avec de plus amples détails, au cours, par exemple, de la prochaine réunion. Adopté.

          Le Lionnais lit alors un court texte de science-fiction de Fredric Brown, tiré de Fantômes et Farfafouilles (Denoël). Cette nouvelle, excellente, justifie l’introduction de Brown dans le Panthéon des « plagiaires par anticipation ».

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              Queneau consent à revenir, pour un instant, sur l’application du calcul matriciel au langage. Il a fait un exercice avec une « micro-grammaire » (une seule matrice) et un « micro-langage » (29 mots). Cet exercice aiguise l’intérêt de chacun. On attend avec d’autant plus d’impatience un exposé plus complet de la théorie.

              Le Lionnais propose alors d’écrire des poèmes en n’utilisant que des vocables humains que comprennent certains animaux. On aurait ainsi des poèmes pour chiens, pour corbeaux, pour renards, etc.

              On pourrait également écrire des poèmes combinant les vocables appartenant au langage propre de plusieurs animaux. Le Lionnais parle de la possibilité d’écrire des dialogues entre un phoque et un pinson, ou un renard et une sauterelle.

              LE PRESIDENT : N’est-ce pas ce que l’on désigne sous le nom « dialogue de sourds » ?

              LESCURE : Un de mes clients m’a dit un jour qu’il est entraîneur de chevaux de course, qu’il lit fréquemment Baudelaire à ses chevaux, et qu’ils semblent adorer ça…

              QUENEAU : C’est ce qu’on appelle le doping. C’est à cause de Baudelaire que le P.M.U. roule vers l’abîme.

              QUEVAL : Je vous rappelle que Mac Orlan a apprivoisé des corbeaux qui comprenaient parfaitement son langage.

              LESCURE : Mais faisait-il parler « corbeau » par ses chats ?

              Le Président cite encore le cas des chiens de bergers. Arnaud précise que les chiens sont lettristes. Lescure estime que les idées de Le Lionnais vont permettre aux poètes dont les lecteurs diminuent de trouver un nouveau public.

              QUENEAU : Je pensais, récemment, qu’il y aurait un texte de choix pour la méthode S + 7 : c’est Euclide.

              A l’unanimité, Lescure est chargé de traduire, en S + 7, les premières propositions d’Euclide.

              Diverses considérations sont émises à propos des machines, et de quelques travaux qu’on pourrait leur demander, comme la réalisation d’un dictionnaire numérotant les mots par catégorie (A = adjectif, S = substantif, etc.) Le premier adjectif du dictionnaire serait ainsi numéroté A1, le second A2, et ainsi de suite. Pour les autres catégories, il en irait évidemment de même. Un tel dictionnaire permettrait, non seulement de réaliser beaucoup plus vite des S = n (en particulier pour n très grand), mais encore de faire réaliser ce travail par n’importe quelle machine.

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                  Queval ayant remarqué, sournoisement, que la méthode S + 7 fait un peu « farce », Queneau remarque à son tour que c’est la première fois que le mot « farce » est prononcé, à une réunion OuLiPienne, à propos des travaux de l’OuLiPo. Heureusement, A.M. Schmidt signale que ce mot est utilisé, à des fins tout à fait graves, par les théologiens. L’apaisement revient.

                  Queval parle alors d’un article sur WATERLOO commandé par Pierre Larousse à Jules Vallès.

                  QUENEAU : Permettez-moi de vous interrompre pour vous signaler que dans une des premières éditons du Larousse, on pouvait lire : « Bonaparte est mort le 18 Brumaire »… (A Queval) : Mais que dit-il de Waterloo ?

                  QUEVAL :

                  1. Je ne sais pas !
                  2. Il doit y avoir quelque chose !
                  3. Jules Vallès étant allé à Waterloo pour rédiger ce fameux article est revenu, au bout de 15 mois, avec un livre. Larousse n’en a pas voulu.

                  On désigne, par ordre d’invitation, les futurs invités de l’OuLiPo. Ce sont : MM. FERRY, GUIRAULT, GROSSE, et FOUCAULT.

                  On parle, assez longuement, des extraordinaires faux de Vrain-Lucas et de la naïveté de Michel Chasles.

                  Duchateau précise que c’est dans l’acte I d’Ondine que se trouve le vers célèbre : « Un seul être vous manque et tout est repeuplé. »

                  On convient, enfin, de se retrouver, le 22 août, à 19 heures, chez LE LIONNAIS, dont nous rappelons l’adresse :

                  23 route de la Reine

                  BOULOGNE (Seine)

                  Rez-de-chaussée droite

                  Ythier Marchant.

                  OUVROIR DE
                  LITTERATURE
                  POTENTIELLE

                  Circulaire n° 35

                  REUNION DU 1er JUILLET 1963

                  PRESENT : A.M. Schmidt, J. Queval. R. Queneau, F. Le Lionnais, J. Lescure, J. Duchateau, J. Bens, N. Arnaud.

                  PRESIDENT : J. BENS.

                  Après que la Président se soit muni, pour rédiger l’ordre du jour, de papier et d’un crayon ad hoc (c’est-à-dire « à bille »), il fait l’inventaire systématique des interventions, et constate que ledit ordre du jour est bien chargé. D’autant plus que Lescure, bien qu’il n’ait rien à dire, suivant son propre aveu, se « réserve d’intervenir dans le courant des débats ».

                  Queneau, pour sa part, révèle qu’il a « six trucs à dire », ce qui n’arrange rien. (Mais il renoncera gentiment à quelques-uns.)

                  Le menu ayant été choisi et récapitulé, selon la coutume, la séance s’ouvre effectivement.

                  Non sans que des félicitations particulières et générales aient été signifiées à Jean Queval, à propos des deux ouvrages dont il vient d’honorer l’OuLiPo. Il s’agit, bien entendu, du recueil de poèmes réunis sous le titre de LIEUX-DITS (Mercure de France) et du roman intitulé ETC. (Gallimard).

                  Le Lionnais formule des plaintes amères à l’encontre de Lescure qui, après nous avoir longuement et sévèrement conviés à nous rendre à Cerisy, fait mine de ne plus vouloir y aller, mettant ainsi en péril le présent et l’avenir de la littérature potentielle et automatique.

                  LE PRESIDENT (à Lescure) : Justifiez-vous.

                  LESCURE : C’est-à-dire que… si mon absence… Enfin, voilà :

                  1. j’ai téléphoné chez Le Lionnais, ça ne répondait pas ;
                  2. Le Lionnais devait faire un rapport ;
                  3. me faire parler de littérature mécanique, je ne sais pas si…

                  LE PRESIDENT : La défense de Lescure étant timbrée du double sceau de l’obscurité et de la mauvaise foi, nous la déclarons irrecevable. Je demande que l’on vote pour décider de la présence de Lescure à Cerisy.

                  Le vote à mains levées décide, à l’unanimité moins une voix (la sienne), que Lescure devra se trouver à Cerisy pour y parler de l’OuLiPo.

                  Le Lionnais, coupant la poire en deux (chercher la poire), propose que deux exposés de vingt minutes chacun soient envisagés, l’un par Lescure, l’autre par Duchateau. Ce programme (écouter parler Duchateau) convainc les derniers hésitants. Le rendez-vous est fixé à Cerisy, le 15 juillet, à 15 heures. (Bien entendu, ceux qui veulent arriver avant peuvent le faire.)

                  Divers arrangements sont pris, concernant le logement, le trajet, etc. Arnaud, qui a la délicate tâche d’amener Duchateau, demande à quelle heure l’on peut arriver. Lescure déclare que cela n’a aucune importance. Il précise même :

                  LESCURE : Si vous arrivez vers minuit, vous trouverez tout le monde à quatre pattes, en train de jouer à un jeu psychologiques

                  R. Queneau évoque l’éternel et toujours douloureux problème des comptes-rendus. Le départ du S.P. va le poser d’une manière toute nouvelle. On parle des enregistrements de nos réunions. Le S.P. semble leur être favorable. Mais :

                  ARNAUD : Cela fait perdre un temps fou : pour deux heures d’enregistrement, vous avez une heure de bruits de fourchettes.

                  On convient cependant que Duchateau s’en chargera, avec ou sans magnétophone, à son gré. Mais (encore lui) :

                  ARNAUD : Je propose que l’on continue de confier la rédaction des C.R. à notre cher (salaud !) Secrétaire Provisoire. Ainsi, ils pourront conserver cette unité de style qui-que-quoi-dont-où.

                  QUEVAL : A mon avis, et pour accentuer le caractère « automatique » de notre littérature, il serait bon de donner ça à une machine.

                  LE PRESIDENT : Et de lui faire effectuer des permutations de circulaires…

                  LE LIONNAIS : On pourrait avoir des C.R. OuLiPiens.

                  LE PRESIDENT : En S + 7, par exemple…

                  LESCURE : C’est cela ; je ferai le dernier en S + 7 !

                  Le Lionnais fait passer un exemplaire du Dossier 17, destiné à Mme et M. Hirschberg, et que tout le monde revêt de sa signature. On déplore la faible surface réservée à cette opération sur la page de titre.

                  QUELQU’UN : Il faudra réclamer des pages de garde sur les prochains dossiers.

                  LE LIONNAIS : Et même d’avant-garde !

                  Le Président déplore l’illisibilité de sa signature et demande :

                  LE PRESIDENT : Comment avoir une signature comme Le Lionnais ?

                  LESCURE : C’est pas une signature, c’est une affiche !

                  On signe par procuration pour les absents—ou par défaut, suivant les cas.

                  R. Queneau ayant décidé de supprimer deux ou trois points de son ordre du jour personnel, il rappelle brièvement, pour ceux qui n’assistaient pas à la dernière réunion, les principes de la littérature matricielle :

                  a+b a’ + b’ aa’ + bc’

                  x =

                  c + d c’ + d’ cb’ + dd’

                  Suivent quelques réflexions sur les prononciations de 1 (l’université) et 0 (l’élément annulateur). 0 se prononcera OEU.

                  Le Président demande, non sans malignité, quelle différence ces « gens du Nord » entendent réellement faire entre in et un. Queneau répond froidement qu’en ce qui le concerne, il n’en a jamais réellement entendu aucune.

                  LESCURE (Auvergnat) : N’avez-vous pas remarqué que notre Président prononce un en parlant du nez ? (Au Président) : Soyez franc : avouez que vous le prononcez en soufflant par les naseaux…

                  LE LIONNAIS : Prince des Naseaux !

                  LE PRESIDENT : Depuis la fondation de l’OuLiPo, c’est-à-dire depuis un peu plus de deux ans et demi, j’attends avec angoisse cette allusion à mon pif. Il est triste qu’elle ait fini par arriver, et que ce soit un auverpin qui la fasse.

                  ARNAUD : Quel étrange Président nous avons aujourd’hui !

                  Le Lionnais remarque que la littérature matricielle est une nouvelle direction de l’OuLiPo et que ce jour est un grand jour. Il demande à Queneau de refaire son exposé sur ce sujet, avec de plus amples détails, au cours, par exemple, de la prochaine réunion. Adopté.

                  Le Lionnais lit alors un court texte de science-fiction de Fredric Brown, tiré de Fantômes et Farfafouilles (Denoël). Cette nouvelle, excellente, justifie l’introduction de Brown dans le Panthéon des « plagiaires par anticipation ».

                  Queneau consent à revenir, pour un instant, sur l’application du calcul matriciel au langage. Il a fait un exercice avec une « micro-grammaire » (une seule matrice) et un « micro-langage » (29 mots). Cet exercice aiguise l’intérêt de chacun. On attend avec d’autant plus d’impatience un exposé plus complet de la théorie.

                  Le Lionnais propose alors d’écrire des poèmes en n’utilisant que des vocables humains que comprennent certains animaux. On aurait ainsi des poèmes pour chiens, pour corbeaux, pour renards, etc.

                  On pourrait également écrire des poèmes combinant les vocables appartenant au langage propre de plusieurs animaux. Le Lionnais parle de la possibilité d’écrire des dialogues entre un phoque et un pinson, ou un renard et une sauterelle.

                  LE PRESIDENT : N’est-ce pas ce que l’on désigne sous le nom « dialogue de sourds » ?

                  LESCURE : Un de mes clients m’a dit un jour qu’il est entraîneur de chevaux de course, qu’il lit fréquemment Baudelaire à ses chevaux, et qu’ils semblent adorer ça…

                  QUENEAU : C’est ce qu’on appelle le doping. C’est à cause de Baudelaire que le P.M.U. roule vers l’abîme.

                  QUEVAL : Je vous rappelle que Mac Orlan a apprivoisé des corbeaux qui comprenaient parfaitement son langage.

                  LESCURE : Mais faisait-il parler « corbeau » par ses chats ?

                  Le Président cite encore le cas des chiens de bergers. Arnaud précise que les chiens sont lettristes. Lescure estime que les idées de Le Lionnais vont permettre aux poètes dont les lecteurs diminuent de trouver un nouveau public.

                  QUENEAU : Je pensais, récemment, qu’il y aurait un texte de choix pour la méthode S + 7 : c’est Euclide.

                  A l’unanimité, Lescure est chargé de traduire, en S + 7, les premières propositions d’Euclide.

                  Diverses considérations sont émises à propos des machines, et de quelques travaux qu’on pourrait leur demander, comme la réalisation d’un dictionnaire numérotant les mots par catégorie (A = adjectif, S = substantif, etc.) Le premier adjectif du dictionnaire serait ainsi numéroté A1, le second A2, et ainsi de suite. Pour les autres catégories, il en irait évidemment de même. Un tel dictionnaire permettrait, non seulement de réaliser beaucoup plus vite des S = n (en particulier pour n très grand), mais encore de faire réaliser ce travail par n’importe quelle machine.

                  Queval ayant remarqué, sournoisement, que la méthode S + 7 fait un peu « farce », Queneau remarque à son tour que c’est la première fois que le mot « farce » est prononcé, à une réunion OuLiPienne, à propos des travaux de l’OuLiPo. Heureusement, A.M. Schmidt signale que ce mot est utilisé, à des fins tout à fait graves, par les théologiens. L’apaisement revient.

                  Queval parle alors d’un article sur WATERLOO commandé par Pierre Larousse à Jules Vallès.

                  QUENEAU : Permettez-moi de vous interrompre pour vous signaler que dans une des premières éditons du Larousse, on pouvait lire : « Bonaparte est mort le 18 Brumaire »… (A Queval) : Mais que dit-il de Waterloo ?

                  QUEVAL :

                  1. Je ne sais pas !
                  2. Il doit y avoir quelque chose !
                  3. Jules Vallès étant allé à Waterloo pour rédiger ce fameux article est revenu, au bout de 15 mois, avec un livre. Larousse n’en a pas voulu.

                  On désigne, par ordre d’invitation, les futurs invités de l’OuLiPo. Ce sont : MM. FERRY, GUIRAULT, GROSSE, et FOUCAULT.

                  On parle, assez longuement, des extraordinaires faux de Vrain-Lucas et de la naïveté de Michel Chasles.

                  Duchateau précise que c’est dans l’acte I d’Ondine que se trouve le vers célèbre : « Un seul être vous manque et tout est repeuplé. »

                  On convient, enfin, de se retrouver, le 22 août, à 19 heures, chez LE LIONNAIS, dont nous rappelons l’adresse :

                  23 route de la Reine

                  BOULOGNE (Seine)

                  Rez-de-chaussée droite

                  Ythier Marchant.

                  DM-1 (34)

                  1 juillet 1963

                  JB

                  Natalie Berkman

                  Natalie Berkman

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