Compte-rendu de la réunion du 12 avril 1962

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OUVROIR DE


LITTERATURE


POTENTIELLE

Circulaire n°20

COMPTE RENDU DE LA REUNION DU 12 AVRIL 1962

PRESENTS : QUENEAU- LE LIONNAISLESCUREARNAUDBERGEDUCHATEAU- QUEVALBENS.

EXCUSES : SCHMIDTLATIS

PRESIDENT : Jean LESCURE.

QUENEAU : A propos de ces émissions qui ont été réalisées par Charbonnier sur mon compte, j’aimerais vous poser une question.

TOUS (ravis) : Ha.

QUENEAU : Nous devons refaire les deux dernières (dernières-futures, non dernières-récentes) émissions de cette série. Or elles sont consacrées à la Littérature Potentielle. Je vais donc être interrogé sur la Littérature Potentielle. Qu’est-ce-que je vais dire ?

ARNAUD : Latis a écouté la dernière (dernière récente) émission. Charbonnier a dit que le traitement S+7 de la Bible donne des résultats qui font penser à des textes surréalistes. Vous avez répondu : « Oui. En effet. » Latis me faisait remarquer qu’il aurait fallu ajouter : « Mais ce n’est pas du tout pareil ! »

LE LIONNAIS : La réponse est d’ailleurs très simple. La LiPo se propose de définir des structures. A l’intérieur de ces structures, une personnalité surréaliste, ou classique, ou romantique, ou tout ce que l’on veut peut s’exprimer et donner ainsi des textes surréalistes, classiques, romantiques, etc. Mais la LiPo elle-même n’est ni ceci, ni cela. Dans le cas de la Bible, il est exact qu’un certain automatisme venu de la méthode employée peut ressembler à l’expression « automatique » des surréalistes. Mais ce n’est qu’une convergence de surface. En fait, ce n’est pas du même « automatisme » qu’il s’agit.

QUENEAU : La différence entre les deux automatismes vient de ce que l’automatisme surréaliste est celui de l’inconscient. Mais, dans le domaine conscient, les structures peuvent engendrer des automatismes : l’alexandrin, c’est une structure automatique (il y a toujours douze pieds). Le sonnet aussi, etc…

BENS : Toute structure crée un automatisme.

BERGE : Au fond, la LiPo crée simplement de nouveaux automatismes !

LE LIONNAIS : Il ne faudrait pas insister sur le mot « automatisme ». En fait, c’est surtout le mot « structure » qui nous importe.

QUEVAL : Je suis de l’avis de Le Lionnais : il faut nous méfier du mot « automatisme » qui est compris de mille façons différentes.

BENS : C’est d’autant plus facile que l’automatisme naît de structures.

BERGE : La structure de l’alexandrin est tout de même élémentaire.

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    TOUS : C’est évident.

    QUENEAU : Charbonnier semble avoir compris que « Potentiel » implique que l’on travaille sur des textes préexistants. Que puis-je lui répondre ?

    LESCURE : Les permutations peuvent porter sur des textes nouveaux, en particulier des textes écrits en vue des permutations.

    BENS : Le travail sur des textes pré-existants vient de notre « jeunesse. »

    LESCURE : Il a une valeur démonstrative : les textes ont un autre contenu que celui que l’on croit. Mais on peut écrire un texte destiné à être manipulé- et dont, par exemple, on ne livrera pas l’original.

    LE LIONNAIS : Nous avons déjà des textes originaux : cent mille milliards de poèmes, poèmes de ponctuations, etc… C’est même ces textes qui furent à l’origine de l’OuLiPo.

    Un temps.

    LE LIONNAIS : Je crois tout de même que nous devons veiller au sens de certains mots. Ainsi, tout à l’heure, du mot « automatisme ». Le mot « potentiel » c’est pareil. J’ai bavardé avec Charbonnier. Il a une idée particulière du mot « potentiel », et il voudrait que nous lui donnions le sens qu’il lui accorde lui-même. Pour lui, c’est une question d’avenir. Toute inspiration non épuisée serait potentielle. Il a peut-être raison. Mais ce n’est pas ce que nous entendons par là.

    LESCURE : Comme le dit le Satrape Le Lionnais

    TOUS : Satrape potentiel !

    (Lescure reste coi et se tait, souffle coupé)

    ARNAUD : Il faudrait enfin parler des machines. Il est difficile d’en parler. Mais comment ne pas en parler.

    (Le dataire rit obscènement. On lui demande des explications. Il les refuse. On l’obliger de noter ce rire. Il le fait. Il peut bien préciser, cependant, aujourd’hui, qu’il n’est guère de séance où Noël Arnaud, à temps ou à contretemps, ne s’avise publiquement qu’ « il faudrait parler des machines ». Au fond, il n’y a peut-être pas de quoi rire.)

    Lescure lit un extrait d’un livre de Starobynski
    Starobinskisur les traitements de la mélancolie. Il s’agit d’une citation, faite par Starobynski lui-même, concernant le traitement de la mélancolie au moyen d’un clavier de chats.

    BERGE : J’ai trouvé dessin et schéma de cette machine dans un numéro de La Nature paru aux environs de 1880. On l’appelle un orgue à chats.

    QUEVAL : Il existe une école psychologique moderne qui essaie de reprendre les problèmes psychologiques par le biais de la philologie. Nous venons de parler d’automatisme et de potentialité. Il est évident qu’il y a d’autres

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      mots dont le sens reste discutable. Nous pourrions peut-être essayer de définir un ensemble de mots –ceux que nous sommes conduits à utiliser le plus fréquemment ici- afin d’être parfaitement d’accord dans les discussions à venir.

      TOUS : C’est bien difficile. Etc... (Rumeurs découragées.)

      BERGE : En fait, tout tourne autour de l’idée du hasard. Dans l’ensemble, les gens acceptent le hasard. Aujourd’hui même, il y en a beaucoup qui le recherche systématiquement. Nous aurons fait un grand pas vers nos définitions si nous admettons, par exemple, ce qui est à mon avis, que nous sommes essentiellement anti-hasard.

      QUENEAU : Nous ne sommes peut-être pas tellement « anti ». Je préférais dire que nous manifestons une certaine méfiance à l’égard du hasard.

      BERGE : N’aimeriez-vous pas : « Nous lançons un défi au hasard » ? (Approbations générales).

      QUEVAL : La notion de hasard est délicate. Il ne faudrait pas substituer l’automatisme psychique des surréalistes un automatisme mécanique où le hasard aurait autant de part.

      QUENEAU : Les textes vraiment surréalistes s’inscrivaient dans des structures extrêmement précises : c’était du Lautréamont ou du Breton ! C’était des textes isomorphiques !!

      QUEVAL : Breton croyait être entouré d’un troupeau d’éléphants ; il s’est trouvé soudain entouré d’un troupeau de Bretons !

      LE LIONNAIS : Par structure, nous entendons ce que nous pouvons exprimer, ou définir, d’une façon parfaite. Les styles des écrivains mettent en jeu des structures diverses et complexes que nous ne pouvons guère exprimer simplement.

      QUENEAU : Themerson a traduit des poèmes en employant chaque mot par son équivalent strict (définition tirée du Larousse, etc…). C’est ce que font les machines à traduire.

      QUEVAL : Il y a, chez Lawrence, un poème qui commence, littéralement, par : «O bâtis, ô bâtis ton vaisseau de mort… »

      ARNAUD : D’ailleurs, Themerson entreprend des traductions littérales d’une langue à l’autre. Il obtient ainsi des résultats très curieux.

      LE LIONNAIS : Je voudrais revenir une seconde à Charbonnier pour indiquer une nouvelle preuve que la LiPo ne se limite pas aux textes préexistants : ce sont les poèmes antérimés.

      Lescure donne lecture d’exercices de langage composés par M. Georges Barbarin. On en conserve deux, exemplaires.

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        RAOUL EST RECALE AU BACCALAUREAT

        LUC INCULQUE SA CULTURE A L’INCULTE

        On décide d’imprimer la seconde de ces phrases sur le papier à en-tête de l’OuLiPo (quand l’OuLiPo en aura) ;

        Chacun s’engage à introduire la première de ces phrases dans sa prochaine œuvre personnelle, potentielle ou non, quelle qu’en soit la nature :

        Roman, poème, pièce de théâtre, thèse, ou cours d’Université.

        Il est alors parlé des statuts.

        Le Lionnais propose la création des membres fondateurs. (C’est nous.) Les membres actifs à venir ne seront plus fondateurs.

        Il propose également d’appeler associés les correspondants non étrangers.

        On demande de ne pas préciser où se tiennent les réunions, puisqu’elles peuvent avoir lieu n’importe où : ainsi, nous sommes déjà allés à Boulogne !

        Le Lionnais ajoute, à propos de la proposition de démission de Latis que ces demandes doivent être examinées avec beaucoup de rigueur :

        LE LIONNAIS : Je crois que l’on ne doit pas écarter le principe de telles démissions, mais on ne doit pas les accepter facilement.

        LESCURE : La démission ne sera acquise que par un vote unanime.

        BENS : Pourrait-on considérer les actifs démissionnaires comme honoraires, par exemple ? Ceci afin de les différencier (même si leurs fonctions sont identiques) des correspondants et associés ?

        QUENEAU : On pourrait les appeler potentiels. Au sens « Charbonnier » du terme. Ou « potentiellement carbonifères ».

        LE LIONNAIS : Je propose aussi la création du gâtariat et l’organisation d’une petite cérémonie pour l’accession à cette nouvelle (et ultime) dignité.

        QUEVAL : Et les car »mal »ifères ?

        QUENEAU : Barbarin, es-tu là ?

        (Des coups sont frappés à la porte. Stupeur générale. Mais ce n’est que l’addition.)

        LE PROCHAIN DEJEUNER AURA LIEU AU MEME ENDROIT LE LUNDI 7 MARS 1962 ;

        Georges-Emmanuel Clancier y est invité, par faveur spéciale, et par la voix autorisée de Jean Lescure.

        Au programme :

        • Discussion des statuts
        • Comment se procurer de l’argent.

        LE S.P.

        Note : Ci-joint, en annexes  , deux poèmes  
        antérimés de J. Bens, lus à la réunion du 16 mars, et qui n’avaient pu être joints à la précédente circulaire.


        OUVROIR DE


        LITTERATURE


        POTENTIELLE

        Circulaire n°20

        COMPTE RENDU DE LA REUNION DU 12 AVRIL 1962

        PRESENTS : QUENEAU- LE LIONNAISLESCUREARNAUDBERGEDUCHATEAU- QUEVALBENS.

        EXCUSES : SCHMIDTLATIS

        PRESIDENT : Jean LESCURE.

        QUENEAU : A propos de ces émissions qui ont été réalisées par Charbonnier sur mon compte, j’aimerais vous poser une question.

        TOUS (ravis) : Ha.

        QUENEAU : Nous devons refaire les deux dernières (dernières-futures, non dernières-récentes) émissions de cette série. Or elles sont consacrées à la Littérature Potentielle. Je vais donc être interrogé sur la Littérature Potentielle. Qu’est-ce-que je vais dire ?

        ARNAUD : Latis a écouté la dernière (dernière récente) émission. Charbonnier a dit que le traitement S+7 de la Bible donne des résultats qui font penser à des textes surréalistes. Vous avez répondu : « Oui. En effet. » Latis me faisait remarquer qu’il aurait fallu ajouter : « Mais ce n’est pas du tout pareil ! »

        LE LIONNAIS : La réponse est d’ailleurs très simple. La LiPo se propose de définir des structures. A l’intérieur de ces structures, une personnalité surréaliste, ou classique, ou romantique, ou tout ce que l’on veut peut s’exprimer et donner ainsi des textes surréalistes, classiques, romantiques, etc. Mais la LiPo elle-même n’est ni ceci, ni cela. Dans le cas de la Bible, il est exact qu’un certain automatisme venu de la méthode employée peut ressembler à l’expression « automatique » des surréalistes. Mais ce n’est qu’une convergence de surface. En fait, ce n’est pas du même « automatisme » qu’il s’agit.

        QUENEAU : La différence entre les deux automatismes vient de ce que l’automatisme surréaliste est celui de l’inconscient. Mais, dans le domaine conscient, les structures peuvent engendrer des automatismes : l’alexandrin, c’est une structure automatique (il y a toujours douze pieds). Le sonnet aussi, etc…

        BENS : Toute structure crée un automatisme.

        BERGE : Au fond, la LiPo crée simplement de nouveaux automatismes !

        LE LIONNAIS : Il ne faudrait pas insister sur le mot « automatisme ». En fait, c’est surtout le mot « structure » qui nous importe.

        QUEVAL : Je suis de l’avis de Le Lionnais : il faut nous méfier du mot « automatisme » qui est compris de mille façons différentes.

        BENS : C’est d’autant plus facile que l’automatisme naît de structures.

        BERGE : La structure de l’alexandrin est tout de même élémentaire.

        TOUS : C’est évident.

        QUENEAU : Charbonnier semble avoir compris que « Potentiel » implique que l’on travaille sur des textes préexistants. Que puis-je lui répondre ?

        LESCURE : Les permutations peuvent porter sur des textes nouveaux, en particulier des textes écrits en vue des permutations.

        BENS : Le travail sur des textes pré-existants vient de notre « jeunesse. »

        LESCURE : Il a une valeur démonstrative : les textes ont un autre contenu que celui que l’on croit. Mais on peut écrire un texte destiné à être manipulé- et dont, par exemple, on ne livrera pas l’original.

        LE LIONNAIS : Nous avons déjà des textes originaux : cent mille milliards de poèmes, poèmes de ponctuations, etc… C’est même ces textes qui furent à l’origine de l’OuLiPo.

        Un temps.

        LE LIONNAIS : Je crois tout de même que nous devons veiller au sens de certains mots. Ainsi, tout à l’heure, du mot « automatisme ». Le mot « potentiel » c’est pareil. J’ai bavardé avec Charbonnier. Il a une idée particulière du mot « potentiel », et il voudrait que nous lui donnions le sens qu’il lui accorde lui-même. Pour lui, c’est une question d’avenir. Toute inspiration non épuisée serait potentielle. Il a peut-être raison. Mais ce n’est pas ce que nous entendons par là.

        LESCURE : Comme le dit le Satrape Le Lionnais

        TOUS : Satrape potentiel !

        (Lescure reste coi et se tait, souffle coupé)

        ARNAUD : Il faudrait enfin parler des machines. Il est difficile d’en parler. Mais comment ne pas en parler.

        (Le dataire rit obscènement. On lui demande des explications. Il les refuse. On l’obliger de noter ce rire. Il le fait. Il peut bien préciser, cependant, aujourd’hui, qu’il n’est guère de séance où Noël Arnaud, à temps ou à contretemps, ne s’avise publiquement qu’ « il faudrait parler des machines ». Au fond, il n’y a peut-être pas de quoi rire.)

        Lescure lit un extrait d’un livre de Starobynski
        Starobinskisur les traitements de la mélancolie. Il s’agit d’une citation, faite par Starobynski lui-même, concernant le traitement de la mélancolie au moyen d’un clavier de chats.

        BERGE : J’ai trouvé dessin et schéma de cette machine dans un numéro de La Nature paru aux environs de 1880. On l’appelle un orgue à chats.

        QUEVAL : Il existe une école psychologique moderne qui essaie de reprendre les problèmes psychologiques par le biais de la philologie. Nous venons de parler d’automatisme et de potentialité. Il est évident qu’il y a d’autres

        mots dont le sens reste discutable. Nous pourrions peut-être essayer de définir un ensemble de mots –ceux que nous sommes conduits à utiliser le plus fréquemment ici- afin d’être parfaitement d’accord dans les discussions à venir.

        TOUS : C’est bien difficile. Etc... (Rumeurs découragées.)

        BERGE : En fait, tout tourne autour de l’idée du hasard. Dans l’ensemble, les gens acceptent le hasard. Aujourd’hui même, il y en a beaucoup qui le recherche systématiquement. Nous aurons fait un grand pas vers nos définitions si nous admettons, par exemple, ce qui est à mon avis, que nous sommes essentiellement anti-hasard.

        QUENEAU : Nous ne sommes peut-être pas tellement « anti ». Je préférais dire que nous manifestons une certaine méfiance à l’égard du hasard.

        BERGE : N’aimeriez-vous pas : « Nous lançons un défi au hasard » ? (Approbations générales).

        QUEVAL : La notion de hasard est délicate. Il ne faudrait pas substituer l’automatisme psychique des surréalistes un automatisme mécanique où le hasard aurait autant de part.

        QUENEAU : Les textes vraiment surréalistes s’inscrivaient dans des structures extrêmement précises : c’était du Lautréamont ou du Breton ! C’était des textes isomorphiques !!

        QUEVAL : Breton croyait être entouré d’un troupeau d’éléphants ; il s’est trouvé soudain entouré d’un troupeau de Bretons !

        LE LIONNAIS : Par structure, nous entendons ce que nous pouvons exprimer, ou définir, d’une façon parfaite. Les styles des écrivains mettent en jeu des structures diverses et complexes que nous ne pouvons guère exprimer simplement.

        QUENEAU : Themerson a traduit des poèmes en employant chaque mot par son équivalent strict (définition tirée du Larousse, etc…). C’est ce que font les machines à traduire.

        QUEVAL : Il y a, chez Lawrence, un poème qui commence, littéralement, par : «O bâtis, ô bâtis ton vaisseau de mort… »

        ARNAUD : D’ailleurs, Themerson entreprend des traductions littérales d’une langue à l’autre. Il obtient ainsi des résultats très curieux.

        LE LIONNAIS : Je voudrais revenir une seconde à Charbonnier pour indiquer une nouvelle preuve que la LiPo ne se limite pas aux textes préexistants : ce sont les poèmes antérimés.

        Lescure donne lecture d’exercices de langage composés par M. Georges Barbarin. On en conserve deux, exemplaires.

        RAOUL EST RECALE AU BACCALAUREAT

        LUC INCULQUE SA CULTURE A L’INCULTE

        On décide d’imprimer la seconde de ces phrases sur le papier à en-tête de l’OuLiPo (quand l’OuLiPo en aura) ;

        Chacun s’engage à introduire la première de ces phrases dans sa prochaine œuvre personnelle, potentielle ou non, quelle qu’en soit la nature :

        Roman, poème, pièce de théâtre, thèse, ou cours d’Université.

        Il est alors parlé des statuts.

        Le Lionnais propose la création des membres fondateurs. (C’est nous.) Les membres actifs à venir ne seront plus fondateurs.

        Il propose également d’appeler associés les correspondants non étrangers.

        On demande de ne pas préciser où se tiennent les réunions, puisqu’elles peuvent avoir lieu n’importe où : ainsi, nous sommes déjà allés à Boulogne !

        Le Lionnais ajoute, à propos de la proposition de démission de Latis que ces demandes doivent être examinées avec beaucoup de rigueur :

        LE LIONNAIS : Je crois que l’on ne doit pas écarter le principe de telles démissions, mais on ne doit pas les accepter facilement.

        LESCURE : La démission ne sera acquise que par un vote unanime.

        BENS : Pourrait-on considérer les actifs démissionnaires comme honoraires, par exemple ? Ceci afin de les différencier (même si leurs fonctions sont identiques) des correspondants et associés ?

        QUENEAU : On pourrait les appeler potentiels. Au sens « Charbonnier » du terme. Ou « potentiellement carbonifères ».

        LE LIONNAIS : Je propose aussi la création du gâtariat et l’organisation d’une petite cérémonie pour l’accession à cette nouvelle (et ultime) dignité.

        QUEVAL : Et les car »mal »ifères ?

        QUENEAU : Barbarin, es-tu là ?

        (Des coups sont frappés à la porte. Stupeur générale. Mais ce n’est que l’addition.)

        LE PROCHAIN DEJEUNER AURA LIEU AU MEME ENDROIT LE LUNDI 7 MARS 1962 ;

        Georges-Emmanuel Clancier y est invité, par faveur spéciale, et par la voix autorisée de Jean Lescure.

        Au programme :

        • Discussion des statuts
        • Comment se procurer de l’argent.

        LE S.P.

        Note : Ci-joint, en annexes  , deux poèmes  
        antérimés de J. Bens, lus à la réunion du 16 mars, et qui n’avaient pu être joints à la précédente circulaire.

        DM-1 (19)

        12 avril 1962

        Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Quisque lacinia, tortor et auctor dictum, sem lorem molestie nibh, elementum elementum augue felis sit amet ex. Curabitur consequat lacus dolor; at congue nunc sagittis in. Donec semper mi enim, nec commodo nunc rutrum at. Praesent molestie turpis elit, non porttitor elit laoreet quis. Sed faucibus nisi eget laoreet vestibulum. Vivamus in quam quis lacus scelerisque tempus ut non massa. Sed faucibus massa id orci fringilla, quis accumsan justo luctus. Etiam dapibus libero nisi, at commodo est congue ut. Ut pellentesque, justo et tincidunt elementum, diam nibh finibus massa, a efficitur velit diam sed nisi. Nulla at risus gravida, condimentum sem in, cursus elit. Etiam eget mattis justo. Curabitur rhoncus, ipsum malesuada pulvinar sagittis; quam lacus ullamcorper elit, et scelerisque odio arcu a nisi. Etiam hendrerit pellentesque sapien, eu porttitor odio faucibus et.